Presse sur Internet

© Christian PAULUS. Document créé le 11 mai 2002 , mis à jour le 10 mars 2007.

L'homme qui ne tente rien ne se trompe qu'une fois. Lao-Tseu

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De l’écrit à l’écran. Réflexions sur la diffusion de la presse francophone et son avenir sur Internet.

Du tabloïd à la toile, du papier à la trame, de l’encre au pixel, pour beaucoup il n’y a qu’un pas. Mais si la technologie numérique a pu nous faire rêver bien rapidement d’un nouvel Eldorado, elle n’est restée que technologie sans se soucier en profondeur de cet intérêt économique capable de susciter de grandes vocations commerciales et de réels investissements. De la négociation pour un écrit sans frontières à la vente d’espaces publicitaires, les chemins de la réussite se sont trouvés souvent hors d’atteinte. Mais il y a fort à parier qu’un nouveau départ s’annonce et que cette seconde vague de l’assaut qui se prépare laissera dans l’embarras bon nombre de ceux qui n’ont pas suivi les évènements. Nous sommes en 2002. Quelques chiffres…

En 2001, Portail de Presse dénombre en France près de 4 000 titres de presse, sans compter la presse gratuite, la presse administrative, les journaux d’entreprises et autres lettres confidentielles [1] .

Pour sa part, les NMPP (Nouvelles messageries de la Presse Parisienne) assurent 80 % de la distribution pour 3 500 titres émanant d’un peu moins de 700 éditeurs [2], le tout pour un chiffre de 5 MD€ de titres distribués et 2,8 MD€ de titres vendus. Les quotidiens représentent environ 34 % des ventes en exemplaires, 21 % en valeur avec 590 M€. Sur l’ensemble, 7 %, soit 115 millions d’exemplaires sont exportés, un 10 % du chiffre en valeur pour 286 M€.

Le marché francophone est estimé à plus de 120 millions d’individus [3] Au Canada, ce secteur emploie 5% de la population active avec un taux de croissance annuelle de 10% [4] , ce qui témoigne outre-Atlantique d’une volonté et du besoin dans ce domaine.

Pour les NMPP, sur 113 pays importateurs de presse française, les cinq premiers sont la Belgique, la Suisse, le Maroc, l’Espagne et le Canada. Le taux des invendus à l’export, de 47,6 %, est de 10 % plus fort que celui des invendus en France. Ceci semble dû à l’augmentation des éditions locales, au recul de la langue française et à la situation économique ou sociale dans certains pays  [5] . Si la fréquentation touristique dope les ventes en Europe du sud, elle est en forte baisse en Amérique du nord ou un effort est en cours pour développer la presse visuelle, une presse qui met plus en avant les images et les illustrations que le texte. Cette presse visuelle affiche une meilleure pénétration en 2001, notamment en Israël et au Brésil.

Avec ses 2 lecteurs sur 10 consommateurs de quotidien (190 pour mille habitants), la France reste loin derrière la Norvège qui multipliera ce chiffre par presque 4 (720 vendus pour mille habitants) [6]. Presque la moitié de la population française lit régulièrement son journal. Cette population de lecteurs fidèles était d’environ 55% de la population totale, vingt ans auparavant  [7] . On parle maintenant d’une lente érosion que certains comparent au recul du nombre de points de vente. L’AMJ brosse un portrait d’une presse mondiale en perte de vitesse dans la plupart des marchés développés, tant en diffusion qu’en recettes publicitaires  [8].

La presse, globalement, affiche en 2002 des chiffres moins inquiétants que l’année précédente, avec toutefois une baisse de 3,6% de titres vendus et une autre baisse de 5,9 % de titres distribués en NMPP [9] . L’exportation annonce un –3,7 % en valeur et –5 % en volume en 2000, malgré une aide de l’état de presque 4 M€  [10] . Dès 1998, on envisage un contexte très favorable  [11] au profit d’une presse on-line, explosion technologique qui tarde à venir, principalement à cause d’un schéma économique encore à la recherche de son paiement à l’acte, qui dans le cadre d’un seul article se compare toujours aux yeux du lecteur à sa version papier plus palpable, plus concrète. Et d’autres se posent la question sur la capacité des éditeurs de presse à utiliser Internet Journal du net, Les éditeurs de presse ne savent pas utiliser Internet (François Mariet)(2002) .

Si l’on doute que ce marché puisse trouver un nouvel essor, particulièrement pour son exportation par l’utilisation du réseau des réseaux dont les coûts de transport de l’information sont incomparables avec ceux, terrestres ou aériens, de plusieurs tonnes de papier, il reste pourtant très prometteur. C’est ce que pourraient préciser les chiffres d’audience obtenus sur le quotidien en ligne, notamment Le monde , Libération et surtout Les Echos, avec un nombre de visiteurs uniques parfois très proche, sinon supérieur de celui des lecteurs de la version papier  [12] .

Le lecteur Internet lit plus de magazines que le reste du monde  [13] . Pourtant, peu de titres de presse français sont présents sur la toile. L’APPM en comptait une bonne centaine en 2001.

Le nombre d’internautes français dépasse en 2002 la barre des 10 millions  [14] . Mais nous ne voyons toujours pas poindre à l’horizon une solution de micro-paiement adaptée à la problématique francophone et encore moins aux contraintes mondiales. Les solutions actuelles restent encore trop limitées à l’hexagone, mais l’avenir est prometteur. En attendant, certains titres tentent la vente de leurs archives et surtout celle de l’abonnement à la version papier du support, parfois en couplage de son pendant électronique. Par contre, un véritable marché interentreprises semble voir le jour avec plus 8% des transactions effectuées sur la base de la technologie Internet  [15] .

Les solutions Intranet et Extranet ont donc à ce jour beaucoup plus de succès. Côté Extranet et B2B, les sites partenaires du monde graphique se comptent en centaines  [16] , probablement en milliers. Pourtant, les nouvelles technologies sont encore peu implantées dans les PME des métiers de la presse et de l’imprimerie, principalement par manque de compétences internes  [17].

Cette première étape, indispensable aux grosses structures, leur permettra de mieux appréhender les nouveaux marchés et l’incroyable opportunité qui lui est ainsi offerte. Les plus légères ont parfois déjà fait les premiers pas. Sans aucun doute, l’avenir nous montrera très prochainement, sur un terrain ou importe plus la qualité que la quantité, celles qui réussiront dans leur domaine de prédilection.

Notes

[1] PortailPresse.Com, quelques chiffres

[2] NMPP, chiffres (Decouvre/Pages/chiffres.htm, page disparue) (2001)

[3] afides.qc.ca (/FRANCOPHONIE/info-franco.html, page disparue) (2002) .

[4] Francophonie.org Quels marchés francophones pour les entrepreneurs ? (1999)

[5] NMPP (/Decouvre/Pages/presse98.htm, page disparue) (2001)

[6] PortailPresse.Com, chiffres de diffusion

[7] France.diplomatie.fr (/france/fr/edu/edu13.html, page disparue) (2002)

[8] Cyberpresse.Ca, presse (2001)

[9] Nmpp.fr (/Decouvre/perfo6.htm, page disparue) (2001)

[10] Fedepresse.org (/les_notes_vertes/note-verte2001-06.htm, page disparue) (2001)

[11] Scd.univ-tours.fr, La presse online en Europe (1999)

[12] Journal du net, (2002) Presse actu en ligne

[13] Journal du net, Les internautes surconsomment la presse magazine (2002)

[14] Mediametrie.fr (/web/resultats/erating/index.php ?pcomm=y&id=654, page disparue) (2002)

[15] Mediametrie.fr (/web/resultats/erating/index.php ?pcomm=y&id=654, page disparue) (2002)

[16] Cerig.efpg.inpg.fr, répertoire prof. (2001)

[17] Men.minefi.gouv.fr (/webmen/groupetravail/g2/rapport2.pdf, page disparue) (2001)

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